Noël et le Père Noël, Pâques et les cloches ou le lièvre de Pâques selon les régions, la petite souris…Autant de moments où vous vous demandez peut-être quoi dire à vos enfants. Que leur faire croire – ou pas. A propos de ces traditions qui vous amènent à parler à vos enfants de personnages qui n’existent pas dans la réalité, mais qui font partie de leur vie. Et s’il n’y avait pas une seule et unique réponse?

Aujourd’hui c’était Pâques. Et comme chaque année depuis quelques temps, je n’ai pas été sereine lorsque Mademoiselle 4 ans m’a demandé avec ses yeux pétillants : « Maman les cloches elles vont passer quand ? ». Comme je ne le suis pas non plus lorsqu’il est question du gros bonhomme rouge.

De plus en plus de témoignages abondent sur internet, qu’il s’agissent des blogs, d’Instagram ou de Facebook, pour remettre en question le Père Noël, les cloches… Notamment lorsqu’il s’agit de parentalité positive. Pour les parents ou les spécialistes s’en réclamant, il serait préférable de ne pas leur mentir. De ne pas leur faire croire. De ne pas gêner leur créativité. Maria Montessori a elle aussi indiqué dans ses écrits que le Père Noël, fruit de notre imagination d’adultes, ne développe absolument pas celle de nos enfants. Nous, parents, les rendrions seulement crédules. Nos enfants croient, ils n’imaginent rien.

Par ailleurs, il est reproché d’utiliser le bonhomme rouge (ou les cloches à Pâques) pour faire faire ce que nous souhaitons à nos enfants. Ces « personnages » ont le rôle du bâton et de la carotte. Ils sont utilisés comme punition ou récompense « si tu es sage, le Père Noël passera peut-être… ». Loin des valeurs de la parentalité positive, bienveillante, consciente, créative…

Lorsque j’ai eu mes premiers enfants il y a 25 ans, je n’avais jamais vraiment eu vent de cette position. Même si j’avoue que j’ai pu me sentir quelque peu mal à l’aise en racontant ces histoires à mes enfants, je ne me suis pas vraiment interrogée sur ce qu’il fallait, ou non, dire ou laisser croire. Petite, j’ai été fascinée par Noël, au-delà du Père Noël. Fascinée par cette magie, par ces lumières, les biscuits préparés avec maman, la crèche, la décoration du sapin.

Et oui, fascinée par ce bonhomme à longue barbe qui venait chez nous la nuit de Noël. J’adorais me lever au milieu de la nuit, découvrir les bougies du sapin, la table décorée et tous ces cadeaux. J’imaginais le trajet du Père Noël, je le voyais dans son traineau dans la neige, ses rennes, ses lutins. A Pâques, nous préparions des nids pour le lièvre chez mes grands-parents alsaciens ; nous attendions le son des cloches qui revenaient de Rome, signal de leur survol de notre jardin… Alors oui, un jour, j’ai appris que le Père Noël n’existait pas. Par des copines d’école à 6 ans, qui faisaient les courses de Noël avec leurs parents. J’ai le souvenir d’avoir été déçue, oui. Mais surtout d’en avoir voulu à ces copines qui avait cassé quelque chose.  

Alors pour le deuxième Noël de mes ainées, quand elles ont été en âge de « comprendre », j’ai simplement poursuivi la tradition familiale, et nous avons parlé du Père Noël. Les cloches, puis le lapin lorsque nous étions aux Etats-Unis, passaient tous les ans. Les grands ont ensuite laissé les plus petits « croire ». Ils ne voulaient surtout pas que cela change ! Je n’ai par contre jamais utilisé ni le Père Noël ni le lièvre de Pâques comme « motivation » pour obtenir un quelconque comportement de la part de mes enfants. Ni il y a 25 ans, ni aujourd’hui avec mademoiselle 4 ans. Et j’avoue avoir beaucoup de mal avec ceux qui le font dans son entourage, que ce soit à l’école ou dans la famille.

Même si la « découverte » de la légende qui n’était pas une réalité en a troublé certains, mes enfants m’avouent aujourd’hui qu’ils n’auraient absolument pas voulu qu’il en soit autrement. Parce que croire au Père Noël, c’était « magique ». Une magie qui leur plaisait et ne semble pas avoir modifié leur confiance à mon égard ni développé une propension aux mensonges de leur part…

Mon conseil ? « Croire au Père Noël », aux cloches, au lapin de Pâques, à la petite souris est bien une croyance. Alors, comme pour toute croyance, sentez-vous libre de celles de votre famille. Que ces croyances soient ou non partagées par votre entourage. Que vous choisissiez de croire ou non. Soyez dans une démarche de respect, de respect des croyances des uns ou des autres. Ne vous enfermez pas dans un modèle de parentalité où il faudrait cocher toutes les cases pour être le parent parfait. Il n’existe pas. Faites confiance à votre instinct, respectez les autres et respectez ce que vous êtes. Et vos enfants seront eux aussi tolérants.

Si vous avez aimé cet article, n'hésitez pas à le partager :-)
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

1 commentaire

Cécile · 20 octobre 2021 à 11:01

Merci beaucoup pour cet article sur un sujet que je trouve tellement important et dont on parle peu, article qui me conforte dans mes choix !
J’ai moi-même eu beaucoup de réticences concernant le fait de parler du père Noël à mon enfant, l’impression de devoir lui “mentir” (en plus d’une sorte de pression sociétale) ; ce qui c’était passé pour ma belle-fille. Alors pas un mot à mon fils, petit. Et puis voilà qu’on lit un livre sur le Père Noël qu’on lui a offert… il s’est mis a adorer l’histoire, à y croire très fort. Je ne l’ai pas désillusionné. Il y a c’est vrai comme une magie de Noël que je ne veux pas “briser” en lui disant maintenant la vérité, il la découvrira bien assez tôt je pense. Même si je reste quand même mal à l’aise.
Pour les cloches de Pâques je n’ai jamais eu cette croyance traditionnelle dans ma famille et finalement je n’ai eu aucune culpabilité ni difficulté de parler de la chasse aux oeufs de Pâcques sans cette histoire de cloches. Et mon fils n’a pas été perturbé, même si ses petites copines y croient. C’est par contre plus difficile dans l’autre sens, pour ne pas faire de boulettes pour les enfants qui eux y croient…

Vous avez aimé cet article ? Laissez-moi un commentaire !

%d blogueurs aiment cette page :