Ce sont des mots qui reviennent souvent en éducation comme en parentalité aujourd’hui, des concepts qu’il est parfois difficile de différencier et de comprendre pour un non initié. Parentalité bienveillante, positive, consciente ou encore créative, un essai pour expliciter chacun de ces termes et vous permettre d’adopter votre propre parentalité.

La bienveillance : accepter l’autre…et s’accepter !

La bienveillance pourrait être ainsi définie : désirer le bonheur de l’autre et l’accepter tel qu’il est. Accorder à chaque être humain une égalité de droits et lui attribuer les mêmes valeurs, la même importance. En termes de parentalité, c’est ainsi se poser en égal de notre enfant (en termes de droits) et l’accepter pour ce qu’il est, fondamentalement. Ce qui signifie, ici encore, l’observer pour mieux le comprendre. L’écouter, le respecter. L’accompagner, mettre des mots sur ses émotions, reconnaitre ses besoins.

Pour être bienveillant avec l’autre, il m’apparaît indispensable de commencer par être bienveillant avec soi-même... S’accorder la même valeur, se faire confiance, éviter de se dévaloriser. Ce qui demande de se connaitre, de s’oberver, avant d’oberver l’autre. Et c’est pour moi l’une des parties les plus complexes du chemin, une partie pourtant indispensable – ce qui ne veut pas dire de ne pas s’engager dans ce chemin avant. Mais il ne faut surtout pas s’oublier – ce que toute mère a tendance à faire, notamment dans les premiers mois, voire les premières années de son enfant. Il est indispensable de connaître ses propres limites comme celles de son enfant. Primordial de s’accepter telle que l’on est, avec nos forces et nos faiblesses. S’accorder du temps pour se ressourcer, remplir son propre réservoir affectif pour être capable de remplir celui de son enfant. Parce qu’une batterie vide ne permettra jamais de recharger la batterie à plat d’un autre véhicule, pourtant si dépendant.

Une parentalité définitivement tournée vers le positif…

La parentalité bienveillante, c’est aussi une parentalité positive. Une parentalité dans laquelle on voit le verre à moitié plein. Dans laquelle on choisit de donner des consignes positives, plutôt qu’expliquer ce que l’on ne veut pas. En effet, l’enfant n’entend pas la négation jusqu’à ses deux ans. Et avouons-le, il est toujours plus agréable de recevoir une consigne positive, même si au fond elle a pour but de nous amener à faire le contraire de ce que l’on aurait souhaité !

… où l’on évite les cris…

C’est une parentalité où l’on évite de crier, parce que les cris provoquent la peur de l’enfant. Alors oui, certains vous diront que “ce n’est que lorsque je crie que ma fille s’arrête de grimper sur la table“. Oui, l’effet à court terme sera là. Mais trompeur. Car le cri ne permet pas d’expliquer, il noie les explications éventuelles dans la peur provoquée. Et c’est tout ce qui sera marqué dans le cerveau de votre enfant. Le cri déclenche par ailleurs du stress chez votre enfant, stress qui, s’il est reproduit trop fréquemment, peut gêner son développement. Votre enfant aura également tendance à reproduire ce comportement, dans son enfance tout d’abord, puis dans sa parentalité future. En effet, pourquoi criez-vous? Quand criez-vous? Posez-vous la question. Observez-vous.

Concrètement, il n’est pas toujours si simple d’éviter les cris. Parce que le comportement de notre enfant résonne en nous et provoque de la colère, de l’énervement. Qu’il déclenche en nous une réaction souvent liée à notre passé – et reconnaissons-le, nous sommes nombreux à avoir été éduqué, à la maison comme à l’école, avec des cris. Parce que nos parents, nos éducateurs, l’avaient eux-mêmes été, et ne connaissaient que ce modèle. Alors lorsque vous sentez cette colère monter en vous, posez-vous. Prenez une bonne inspiration, éloignez-vous quelques secondes s’il le faut – et ne laissez bien évidemment pas votre enfant en situation de danger !

Essayez de comprendre ce qui déclenche vos cris. De vous comprendre. D’analyser également les situations qui amène ce comportement de votre enfant qui déclenche les cris. Et d’éviter qu’il se reproduise. En anticipant, en modifiant l’environnement pour que la situation problématique n’ait plus lieu. Ainsi, si votre enfant vous exaspère parce qu’il sort systématiquement les assiettes en porcelaine du placard, déplacez ces assiettes. Mettez en place un environnement approprié à vous et à votre enfant, à votre sérénité.

Ne culpabilisez pas non plus parce que vous avez crié. Certes, l’enfant absorbe son environnement. Mais ce sont essentiellement les expériences répétitives -qu’elles soient positives ou négatives – qu’il absorbe. C’est la répétition du vécu qui est déterminante.

…dans laquelle récompenses et punitions n’ont pas leur place

C’est encore une parentalité dans laquelle les punitions et leurs corollaires, les récompenses, n’ont plus leur place. Si l’on punit un enfant pour son comportement, on ne s’attaque qu’au symptôme, c’est à dire ce fameux comportement, sans s’occuper de la cause profonde. Or il y a toujours des raisons à un comportement, quel qu’il soit. Comme lorsque l’on ne cherche qu’à faire tomber la fièvre d’un enfant sans se préoccuper de ce qui a provoqué ce symptôme. Ce dernier perdurera tant qu’on n’aura pas trouvé et soigné son origine.

Bien sûr, comme les cris du parent calment fréquemment l’enfant, la punition fera cesser le comportement jugé inapproprié. Mais ce n’est une réponse de très court terme, qui ne permet pas à l’enfant de comprendre. Par ailleurs, l’enfant associera la punition à lui-même, à sa personne et non à son comportement. Ce qui le dévalorisera en tant que personne. De même, une récompense (comme un bon point à l’école) pour un comportement jugé adéquat amènera l’enfant à reproduire ce comportement non pas pour lui, mais pour l’autre et pour la récompense…

Que faire alors ? Essayer, comme pour les “colères“, de comprendre le comportement de son enfant. Se mettre à son niveau, l’observer, lui parler. Les enfants sont tout à fait capables de nous entendre lorsque nous leur expliquons des règles avec bienveillance. Lorsque nous expliquons le pourquoi du comment. Il peut aussi être intéressant, lorsque notre bambin est envahi par une émotion trop forte pour lui, de détourner son attention vers un tout autre sujet. Lui montrer un superbe papillon alors qu’il est obsédé par le sceau rouge de sa petite soeur s’avère généralement payant !

En résumé : une parentalité consciente et surtout, créative

Ce chemin, que j’ai choisi, constitue également une parentalité dans laquelle j’essaie d’être consciente. Consciente de mes limites, de celles de mes enfants. Une parentalité où je suis consciente de mes propres émotions, où je n’hésite pas à les exprimer pour apprendre à mon enfant à les dire aussi. Consciente de mon passé, de ses résonances profondes. En pleine conscience du manque que j’ai pu avoir en tant qu’enfant et du parent que je souhaite devenir. Consciente qu’il est nécessaire de désapprendre tout ce que j’ai précédemment “appris”, lorsque j’étais enfant. Désapprendre pour créer ma parentalité, celle qui m’est adaptée, celle qui est adaptée à mes enfants.

Consciente de l’importance de tout l’environnement dans lequel je vis, dans lequel je suis maman. Également consciente du besoin d’adapter cet environnement et de l’enrichir, de créer l’environnement nécessaire à ma parentalité. Consciente et à l’écoute de mes instincts maternels, parfois si profondément cachés, enfouis sous ce que l’on a pu nous dire, nous apprendre, nous transmettre. Consciente du moment présent, qui est unique et si furtif.

Alors soyez parents, sur le chemin que vous avez choisi, créez votre propre parentalité en vous basant sur vos observations et en vous fiant à votre instinct. Accrochez-vous sur ce chemin complexe sans vous préoccuper de regard des autres et de leurs attentes fréquentes, en pleine conscience. Noter chaque jour, ou dès que vous le pouvez, vos petites victoires en parentalité, de même que vos difficultés / vos déboires, vous permettra d’avancer sur le chemin de votre propre parentalité, en toute conscience.

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