Non, la parentalité n’est pas un long fleuve tranquille. Votre couple doit parfois faire face à des désaccords concernant la parentalité ?’ Vous êtes loin d’être les seuls. Ce qui devient plus compliqué, c’est quand la parentalité révèle des divergences plus profondes. Que les désaccords vous rongent et ternissent l’ambiance dans votre famille, l’environnement de votre enfant. Essayons de comprendre ce qui se passe et comment réagir.

La parentalité, une source de désaccords aujourd’hui plus fréquente

Nombreux sont les parents, aujourd’hui plus qu’hier, qui se trouvent confrontés à des mésententes lorsqu’il s’agit de l’éducation, de l’accompagnement de leur enfant. Rien d’étonnant à cela, à une époque où les livres concernant la parentalité fleurissent, où internet propose de multiples visions de l’éducation, du développement de l’enfant et de votre place en tant que parents. Où chaque parent cherche sa place, bien moins clairement définie dans la société qu’il y a 50 ans. Les désaccords peuvent donc être plus fréquents. Et réellement impacter votre vie de tous les jours.

L’arrivée d’un enfant fait également rejaillir notre propre enfance, notre vécu, ce qui nous a manqué, ce que nous avons traversé, le comportement de nos parents… Et tout ce passé a évidemment une influence sur la manière d’agir avec notre propre progéniture. Ce sont les fameux neurones-miroirs, qui expliquent souvent pourquoi chacun pense et réagit ainsi, en fonction de sa propre enfance. En fonction de ce qu’il a vu faire lorsqu’il était enfant, mais aussi de ce qu’il a ressenti.

Si vous êtes engagé dans la parentalité positive, bienveillante, consciente, le maternage proximal, l’éducation alternative et que votre conjoint(e) a du mal à ressentir ce qui vous paraît fondamental, alors vous vous êtes sans doute trouvé(e) dans ce type de situation. Et forcément, vous vous demandez, fréquemment, que faire. Comment réagir lorsque son/sa conjoint ( e) ne perçoit pas vraiment les violences éducatives ordinaires (VEO) ? Qu’il pense que donner un cadre à un enfant, c’est le laisser pleurer la nuit parce qu’il/elle a presque 3 ans et se réveille toujours, empêchant « sa » nuit ?  Alors que vous êtes persuadé ( e) qu’un enfant, comme un adulte, a besoin de proximité pour s’endormir et dormir serein?

Quand les deux parents ne voient pas la parentalité de la même manière, ce sujet peut devenir un réel enjeu dans le coupleMettre en péril l’équilibre, forcément plus précaire lorsque l’enfant parait, parce qu’il faut le reconstruire. Que dire, que faire ? Comment réagir, aussi bien avec son conjoint qu’avec son enfant ?

Pourquoi l’on reproduit certains comportements parentaux, inconsciemment

Si vous avez un tant soit peu lu sur les neuro-sciences, vous avez sans doute entendu parlé des neurones miroirs. Ce sont des neurones qui s’activent lorsque l’on se retrouve dans une situation que l’on a vécue et que l’on reproduit l’action que l’on a vu faire. Ainsi, si, enfant, lorsque je montrais ma colère, ma frustration, mon parent réagissait en criant, je vais avoir tendance, en tant que parent, à crier contre mon enfant. De même, lorsque mon enfant exprime sa colère, mes émotions vont me faire ressentir cette même émotion et me replonger dans une situation passée. Sous l’agressivité de votre conjoint, il y a la souffrance de l’enfant qu’il a été – pour ne plus ressentir l’impuissance, la peur ressentie lorsqu’il était enfant, il va lui-même exiger la soumission de son enfant. C’est le résultat du refoulement de sa colère enfant. C’est pour cela que votre conjoint(e) « monte dans les tours » lorsque votre enfant lui « rappelle » son enfance. Probablement teintée de VEO.

Quelle réaction adopter quand ces désaccords concernant la parentalité sont fréquents ?

Ne pas réagir à chaud, mais accueillir les émotions

Dans un premier temps, essayez de réagir avec empathie, de ressentir ce que ressent l’autre sans vous laisser envahir par vos propres émotions. D’accueillir ses émotions, comme vous accueillez celles de votre enfant. Je sais, c’est compliqué – mais essayez VRAIMENT de ressentir. Comme vous le faites avec votre enfant. Ne réagissez pas avec agressivité. Essayez d’apaiser votre conjoint, avec de l’empathie. Comme avec votre enfant, prenez une bonne inspiration, posez-vous. Même si je comprends que vous ayez plutôt envie de vous énerver à ce moment précis… Plus facile à dire qu’à faire, j’en suis bien consciente : ce chemin que vous empruntez, je m’y trouve aussi depuis la naissance de ma fille.

Si vous ne parvenez pas à rester calme, n’intervenez pas sur le coup de la colèreattendez que l’ambiance soit propice à la communication.

En termes de communication, évitez-le « tu qui tue » pour parler en « je ». Le “tu” est agressif. En employant le “je”, vous parlez de votre ressenti, pas de l’attitude de votre conjoint. Vous critiquez un comportement, pas une personne. Efforcez-vous d’exprimer vos besoins, mais sans reproches. Ne cherchez pas à imposer votre vision des choses, ne donnez jamais d’ordres – ce serait absolument contre-productif. Personne n’aime recevoir d’ordres…

Laissez la colère que vous avez en vous « passer », ne la laissez pas sortir devant votre enfant. Expliquez seulement à votre enfant que vous n’avez, avec votre conjoint, pas les mêmes limites sur tel ou tel point.

Ne laissez pas ces différences amener le conflit, ne le laissez pas se développer. Il aurait alors un impact délétère sur l’environnement de votre enfant, celui qui le construit. Souvenez-vous, les neurones miroirs…ils agiront également sur la future parentalité de votre enfant…

Par ailleurs, si vous allez trop loin, il sera difficile de faire marche arrière. De retrouver ce que vous aviez « avant ».

Accepter les différences, qui peuvent être complémentaires

Il y a une part d’acceptation nécessaire. Acceptez les différences dans le couple. Acceptez que l’enfant n’a pas besoin d’avoir deux parents exactement sur la même longueur d’ondes. Ne soyez pas rigide. Acceptez de lâcher prise, parfois. Même si vous êtes convaincu ( e) que les VEO sont délétères pour le développement de votre enfant. Maria Montessori comme les neurosciences s’accordent à dire que l’enfant a ce fameux « esprit absorbant », c’est une éponge. Il perçoit très bien que vous êtes deux personnes différentes et s’y adapte. Ce qui forme aussi sa personnalité et en fait sa richesse, aussi. Lui permet d’acquérir une certaine capacité d’adaptation.

Prenez du recul. Transformez vos différences en forces, pour votre couple comme pour votre enfant. Essayez d’être une équipe qui se complète. Et de vous souvenir que ce sont aussi vos différences qui vous ont rassemblés, au début de votre histoire. Qui font de vous un couple complémentaire.

Acceptez également les compromis, sachez « lâcher prise » sur les points qui sont les moins importants pour vous, afin que chacun trouve sa place dans la parentalité. Sans pour autant “lâcher” sur ce qui vous semble non négociable. Sans renoncer à VOS valeurs.

Soyez bienveillants et positifs l’un envers l’autre, pas seulement avec votre enfant… C’est cela aussi, la parentalité consciente.

Une indispensable communication sur vos besoins

Chacun dans le couple parental a des limites différentes. Celles de l’un ne sont pas celles de l’autre. Le plus important, c’est la communication entre vous. Être capables de parler « à froid » de sujets « qui fâchent ». D’échanger calmement, concernant vos besoins réels, vos attentes. De parler de vous. Comprenez-vous l’un l’autre.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il existe presque autant de parentalités différentes que de parents… Lâchez-prise, sachez accepter les différences. Ne laissez pas les ressentiments envenimer l’ambiance, laissez toujours la porte ouverte à un espace de réflexion et d’échange. Sans renoncer à vos valeurs, aux limites de vos possibilités en termes de compromis . Jusqu’au point qui vous paraît acceptable, à vous.

Et vous, vous arrive-t-il de vous trouver souvent dans ce type de situation ? Quel impact sur vous ont des désaccords avec votre conjoint sur votre parentalité ? Parlez-m’en en commentaires !

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