Et voilà, c’est fait. Comme pressenti, Emmanuel Macron a annoncé mercredi 31 mars une nouvelle sorte de “confinement”. Avec notamment la fermeture des établissements scolaires pour trois semaines, ce qui signifie qu’une nouvelle fois, comme il y a un an, vous allez sans doute devoir vous ré-organiser pour une vie à 100% avec vos enfants. Et si vous profitiez de cette parenthèse pour profiter de l’instant présent ?

1 – Réorganisez ou repensez votre travail

Si vous travaillez tous les deux, et que vous avez des enfants en-dessous de 16 ans, vous bénéficiez des droits suivants (je dirais des devoirs suivants, pour vivre ce temps particulier dans les meilleures conditions pour tous !) :

  • si aucun des deux parents ne peut télétravailler, demandez à bénéficier du chômage partiel. Vous percevrez alors 84% de votre revenu net en indemnisation;
  • dans le privé, si vous télétravaillez mais ne pouvez pas vous occuper de vos enfants simultanément, parce qu’ils sont trop jeunes, sollicitez un arrêt de travail pour garde d’enfant. Seul un des deux parents peut en bénéficier, après une déclaration sur l’honneur.
  • si vous êtes fonctionnaire, vous pouvez bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence (ASA), indemnisée à 100%.
  • si vous êtes indépendant ou profession libérale, vous pouvez demander à l’Assurance Maladie un arrêt dérogatoire, qui peut être partagé entre les deux parents.

2 – Laissez chacun exprimer ses émotions

En premier lieu, vous. Reconnaître et accepter ce que l’on ressent, c’est un premier pas pour mieux le vivre. Assumez votre état d’anxiété si c’est le cas, ou encore votre stress concernant cette nouvelle organisation, tout à fait “normal”. Exprimez-le auprès de vos enfants, ce qui leur permettra aussi de nommer leurs émotions en retour. Et apaisera tout le monde. Les recherches en neurosciences s’accordent pour dire qu’aider à exprimer ses émotions permet la maturation du cerveau de l’enfant. Et procure du bien-être, apaise. En effet, lorsque nous sommes stressés, l’amygdale cérébrale, centre de la peur, provoque la sécrétion molécules (cortisol, adrénaline). Ces dernières, si elles sont présentes en trop grande quantité, se révèlent très toxiques pour notre santé physique et psychologique. Lorsque nous posons des mots sur nos émotions, nous diminuons l’activité de l’amygdale. en conséquence, nous sécrétons beaucoup moins d’adrénaline et de cortisol, permettant une diminution de notre stress.

« Nommer ce que nous ressentons nous fait du bien ».

Catherine Gueguen

Il est ainsi primordial, pour le bien-être de toute la famille, d’autoriser les émotions et leur expression.

Permettez aussi à vos enfants d’exprimer haut et fort leurs frustrations, leurs déceptions, notamment de ne plus voir leurs amis, de ne plus pratiquer leurs activités favorites. Ne vivez pas mal le “j’ai pas envie de te voir tout le temps” de votre fillette de 5 ans, alors que vous vous faisiez une joie de partager tout votre temps avec elle. Reconnaissez la légitimité de ce ressenti et permettez à vos enfants de le vivre pleinement.

3 – Conservez des routines et établissez un programme

Les routines sont primordiales pour les enfants, et le seront d’autant plus à la maison que ce sera leur lieu de vie pendant ce nouveau “confinement”. Avoir un rythme permet aux enfants d’établir des habitudes, sécurisantes pour eux.

Pour rythmer votre vie avec vos enfants, fixez des plages horaires pour les repas, des heures de lever et de coucher, et essayez de vous y ternir au mieux – sans devenir rigide non plus ! Pour vous également, comme pour vos enfants, vous coucher et de vous lever à heure fixe aidera à préserver votre sommeil. Ce qui aura un impact sur votre santé…et votre humeur, primordiale en ces temps compliqués !

Concernant les “travaux scolaires obligatoires”, privilégiez le matin. Les enfants sont plus disponibles, ils sont donc aussi plus efficaces.

Ces points de repère vous permettront d’organiser les activités de chacun. Pour renforcer cette routine, n’hésitez pas à ritualiser ces moments. Un point météo par les plus jeunes au réveil, un jeu avant le déjeuner, une histoire avant le coucher… les enfants seront d’autant moins enclin à s’opposer aux divers évènements de la journée qu’ils font partie d’une routine, car ils iront de soi.

Vos enfants ont besoin de structures. Elles les rassurent, les sécurisent. Essayez de définir un emploi du temps pour la journée, qui inclut des pauses, quel que soit l’âge de vos enfants. Ce “confinement” ne doit pas se transformer en course folle aux apprentissages “scolaires”, bien au contraire. Et de tous temps, les pauses sont essentielles pour tous. Pour vous aussi !

Prévoyez des moments dédiés aux apprentissages (notamment s’ils ont des “devoirs” à rendre ), des activités créatives, des jeux, du sport…. Restez souples concernant les apprentissages des plus (et moins !) jeunes : vous verrez, ils apprendront largement autant à votre contact. Au contact de la nature. De leur environnement.

4 – Accordez-vous du temps

Ce n’est pas parce que vous êtes H24 avec vos enfants qu’il faut vous oublier. Surtout pas. Pour le bien-être de tous, le vôtre est primordial. Accordez-vous du temps. Ne serait-ce qu’un temps calme “sans enfant”, quelques minutes, par ci par là. Un temps calme pour chacun, isolément. Un temps lécture. Les enfants aiment aussi qu’on leur confie une responsabilité, celle de laisser maman ou papa se reposer par exemple. Instaurez la pause d’après déjeuner, autorisez-les à lire ou dessiner pendant que vous faites de même. Ce temps fera ainsi partie des routines et sera d’autant mieux accepté…

La pause d’après déjeuner peut aussi être une “pause couple”, que votre conjoint rentre déjeuner ou qu’il soit en télétravail. Ce peut être l’occasion de se parler « entre adultes », pendant la sieste des plus jeunes et la pause des plus grands, devant un livre de préférence. Vous pouvez aussi, le soir, décider de dîner parfois en tête-à-tête après le coucher des enfants, une ou deux fois par semaine. Si votre conjoint travaille et que vous êtes avec les enfants toute la journée, n’hésitez pas à le solliciter un peu aussi pour en profiter pour vous détendre, faire une activité pour vous seule, comme aller courir, faire du vélo, marcher…bref, vous aérer !

5 – Repensez les activités pour bien vivre le confinement avec vos enfants

Privilégiez les activités physiques

Tout le monde a besoin de bouger. Profitez donc de ce temps à part pour permettre à vos enfants de se mouvoir. Laissez les apprendre comme ils le souhaitent, à l’image des Forest Schools. Pas forcément assis sur une chaise : Mademoiselle 4 ans est beaucoup mieux par terre sur son tapis, et mes enfants ont toujours préféré travailler réunis autour de la table de la cuisine que dans leurs chambres… Laissez-les expérimenter.

Prévoyez également des temps d’activités physiques pures. En effet, les hormones produites par le corps humain, après une activité physique, contribuent au bien-être – n’êtes vous pas plus serein après un footing de 20 minutes ? Fatigué, mais détendu… Vos enfants aussi. Profitez du jardin si vous en avez un, sortez au parc (10 km, c’est loin !), qu’il pleuve ou qu’il vente. Aménagez un parcours de motricité chez vous – vos enfants vont vous en organiser un en quelques minutes ! Dansez, jouez à cache-cache…. Profitez de ce temps particulier qui vous est donné !

Prévoyez des activités en dehors de toute obligation scolaire

Encore une fois, c’est un temps entre parenthèse, l’occasion pour ceux qui en rêvent de s’essayer à l’instruction en famille (et non l’école à la maison). Sortez de l’école.

Avant tout, évitez au maximum les écrans. Eteignez les infos, pour autant que vous y étiez encore connectés. Les informations, particulièrement anxiogènes depuis un an, génère du stress chez vos enfants comme chez vous. Autorisez des reportages animaliers, sur la nature…très courts.

Recréez du lien. Lisez ensemble, associez vos enfants à la cuisine, à l’aquarelle, à la peinture. Faites de la pâte à sel. Jardinez si vous le pouvez, c’est l’époque – même en ville, derrière vos vitres ou sur vos balcons, radis et lentilles se feront une joie de germer ! Préparez des spectacles ensemble, inventez des histoires, profitez de la renaissance de la nature au printemps.

Et surtout, laissez libre cours à leur imagination. Favorisez leur autonomie. Laissez-les s’ennuyer ! Vous verrez, ils s’inventeront des histoires, se créeront des amis imaginaires, les inviteront. Laissez-les aller vers leurs passions, laissez-les s’enthousiasmer et redécouvrir, pour ceux qui l’avaient perdu à l’école classique, les plaisirs et les joies de l’apprentissage lorsqu’il est enthousiasmant.

En bref, profitez de cette période inédite de nouveau confinement pour passer du temps avec vos enfants. Pour les observer vivre. Les laisser vivre. Ne culpabilisez pas de ne pas travailler ou de travailler moins. Rappelez-vous de ce que dit Jiddu Krishnamurti : “Vivre, c’est vivre pleinement dans l’instant présent, c’est faire face à ce qui est, à la réalité”. Vivez cette réalité qui nous est donnée. Et si vous pensez que ce changement est négatif en apparence, que cette période est négative, il est possible que vous vous rendiez compte, en vivant ce moment présent, que certaines étapes sont créées dans votre vie pour que quelque chose de nouveau émerge.

Et vous, comment accueillez-vous cette nouvelle étape de confinement avec vos enfants ? Laissez un commentaire pour en parler !

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