Au cours de vos balades, vous croisez sans aucun doute des dizaines de plantes sauvages que vous ne remarquez même pas, tant elles font partie du paysage. Des plantes sauvages qui sont pourtant facilement reconnaissables, et délicieuses en cuisine. Elles ont changé ma manière de me promener : je pars dorénavant à la cuillette pour agrémenter mes recettes de printemps ! Vous découvrirez ici trois de mes plantes sauvages favorites et des idées de recettes associées – la suite dans un prochain article !

Quelques principes assez simples : ne cueillez que ce que vous connaissez, ne cueillez rien au bord des chemins ni aucune feuille tachée ou salie. Et ne ramassez que ce dont vous avez besoin !

Le coucou

C’est une fleur vivace de la famille des primevères, qui fleurit de mars à mai selon les altitudes. Son nom vient de son homonyme, le coucou qui vole les nids des autres oiseaux et qui chante au début du printemps. Sa corolle comprend 5 lobes jaune tendre, sont tachées d’orange à l’intérieur.

Le coucou pousse dans les prairies sèches, jusqu’à 2.000 mètres d’altitude.

coucou-en-cuisine

Toutes les primevères sont comestibles, sauf celles que vous trouvez dans le commerce. La primevère élevée n’a pas d’odeur et pas de tâches orangées sur la fleur, alors que le coucou est délicatement parfumé.

Les fleurs, les feuilles et les racines du coucou sont utilisables en cuisine :

  • Les feuilles pourront être utilisées, jeunes, en salades
  • Les fleurs pourront également décorer vos salades. Elles amèneront un parfum délicat à vos desserts, et vous pourrez les utiliser pour faire une délicieiuse limonade ensoleillée.

Par ailleurs, la racine, en tisane, de même que les feuilles, soigne la toux, l’asthme et la bronchite. Les feuilles chaudes en cataplasmes sont anti-douleurs.

Idée recette : La limonade de coucou (à préparer le matin d’une journée ensoleillée, ce qui facilitera le processus de fermentation)

Il vous faudra : 75 cl d’eau – 1 tasse bien pleine de fleurs de coucou, uniquement la corolle jaune – le jus d’un citron – 50 grammes de sucre non raffiné – deux figues sèches – une demi-cuillère à café de levure de boulangerie – une bouteille à clip, conçue pour contenir une pression issue de la fermentation

Commencez par mettre dans la bouteille les fleurs, le sucre, le jus de citron etr les deux figues séchées. Rajouter la levure. Mélangez en secouant, puis ajoutez l’eau. Refermez la bouteille bien fermement puis secouez vivement.

Laissez ensuite reposer la bouteille en plein soleil.

Contrôlez régulièrement (au bout de 24 heures) la pression en ouvrant la bouteille. Si vous entendez un léger « pscht » et que les figues sont remontées à la surface, la limonade est prête ! Filtrez-la avec une étamine, mettez-la au frais quelques heures et dégustez ! Cette boisson se conserve au frais environ 5 jours.

Le pissenlit

Vous le connaissez sans aucun doute. Il illumine les prairies et les jardins au début du printemps. Enfants, tout le monde a un jour soufflé sur ses aigretttes !

Le pissenlit fleurit de mars à octobre dans les prairies, les jardins, les bois, en bordures de chemins.

Afin de ne pas faire de confusion, ramassez le pissenlit en fleurs : sa tige doit être unique et non ramifiée.

Si vous le connaissez bien, ramassez les feuilles avant la floraison – quand la fleur est encore en bourgeon. Les feuilles seront beaucoup moins amères.

Ses feuilles peuvent être utilisées en salades avec lardons et œufs pochés, de préférence avant la floraison. Plus tard, vous pourrez en faire des soupes.

Les bourgeons sont délicieux en omelettes.

Les fleurs décorent vos salades, notamment si vous parsemez vos plats des pétales. La gelée de fleurs de pissenlits illuminera vos petits déjeuners d’hiver d’une touche de soleil !

Gelée de fleurs de pissenlits ou cramaillotte

Il vous faudra : environ 1,5 litre de fleurs de pissenlits – 1 litre d’eau – 200 grammes de sucre- le jus d’1/2 citron et d’1/2 orange – 2 cuillères à café d’agar-agar

Laissez les fleurs quelques instants au soleil, pour que les insectes les quittent. Séparez ensuite les pétales du reste de la fleur et faites chauffer dans 1 litre d’eau à couvert, pendant 40 minutes environ ;

Laissez refroidir la préparation puis filtrez-la à l’aide d’une étamine. Pressez bien les pétales afin d’en extraire tout le jus.

Versez la décoction ainsi obtenue dans une casserole avec le jus de citron et le sucre ainsi que l’agar-agar. Portez à ébullition sans cesser de remuer, jusqu’à obtenir une gelée. Vérifiez en déposant une goutte sur une assiette froide. Si, en inclinant l’assiette, la gouutte ne bouge pas, vous pouvez stopper l’ébulition.

Versez ensuite la gelée de soleil dans des pots préalablement stérilisés et bouchez-les puis retournez-les immédiatement.

L’ail des ours

Je l’ai découvert en Haute-Savoie, lors d’une journée « découverte des plantes sauvages comestibles » …et adopté ! Pour quiconque aime l’ail et la douceur, c’est un trésor. Utilisable de mille manières.

Sa cueillette a lieu de mars à début mai, suivant les altitudes. En début de printemps, vous trouverez les feuilles tendres – puis la fleur. Les feuilles avant floraison seront moins amères et auront un goût plus prononcé.

Vous trouverez l’ail des ours dans les sous-bois frais et humides de frênes, de chènes et de hêtres jusqu’à environ 1.400 mètres d’altitude.

Il est facile à repérer par son odeur caractéristique…d’ail ! Il pousse en vastes colonies. Il peut être confondu visuellement avec le muguet, ou le colchique, mais son odeur est caractéristique. En cas de doutes, adressez-vous à la pharmacie.

Il est utilisé depuis l’Antiquité pour ses nombreuses vertus médicinales.

Ses feuilles sont délicieuses, jeunes, parsemées dans vos salades. En pesto, c’est un délice. Vous pouvez aussi les faire cuire (comme des épinards), les ajouter à vos omelettes, à vos cakes salés, et en beurre assaisonné sur vos viandes. Les bourgeons des fleurs se préparent également comme des condiments (des cornichons) et sont délicieux en accompagnement de raclettes.

Le pesto à l’ail des ours (une tuerie !!!)

Il vous faudra : 100 grammes de feuilles bien lavées et essorées délicatement – 30 grammes de fromages type parmesan – 30 grammes de fruits à coque – 10 cl d’huile d’olives – 3 grammes de sel – poivre

Placez tous vos ingrédients dans votre blender, sauf l’huile. Mixez. Ajoutez ensuite petit à petit l’huile d’olive (comme pour une mayonnaise). Rectifiez l’assaisonnement. Dégustez avec des pâtes fraiches faites maison : un régal !!!

Dites-moi ce que vous en pensez en commentaires ! En attendant les prochaines recettes sauvages 🙂

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Catégories : AlimentationNature

3 commentaires

Benoit - jappanda.fr · 15 avril 2021 à 13:28

J’ai les 3 plantes qui poussent chez moi, dans le massif de la Chartreuse. J’avais jamais osé les cuisiner mais si je savais que c’était possible. Je pense essayer la gelée de pissenlits ! Mais j’ai une question, tu mets toutes la fleur ou seulement les pétales ?

    Christel Grataloup Fargeas · 15 avril 2021 à 13:51

    Bonjour ! Pour les pissenlits c’est un oubli si je n’ai pas précisé dans l’article qu’il fallait les effeuiller et ne garder que le jaune 😊. Ce qui est la partie la plus longue de la recette (et la plus colorante niveau doigts😬). Tu peux mettre des pétales de coucou à la fin pour donner du peps à la gelée (juste après la mise en pot avant de fermer les pots).

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